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Comment amener ses proches à mettre leur empreinte carbone en cohérence avec les objectifs climat ?

A la lecture du témoignage de Pierre Garbownik : « D’éco-responsable, je suis passé à infréquentable », je n’ai pas pu m’empêcher de sympathiser. Pierre y racontait comment ses sorties dans les dîners familiaux et amicaux avaient fini par en faire un paria. « Si le projet est un suicide collectif, là on est sur la bonne trajectoire » répondait-ils à ceux qui planifiaient leur prochain voyage en avion.

A vrai dire, je n’ai pas été concernée par le même problème : j’avais personnellement choisi le camp des gens qui savent, mais qui se taisent. Le camp des écolos qui ne savent pas quoi dire quand les amis commencent à parler de leur prochaine destination de voyage en avion.

Mais au final, c’est bien la même question qui nous taraude tous les deux : comment amener ses proches à réduire véritablement leur empreinte carbone ? Comment faire en sorte qu’ils mettent enfin leurs actes en cohérence avec leur discours ?

Comment embarquer l’entourage : 10 ans pour trouver la réponse

J’ai constaté dans les témoignages de mes abonné·e·s qu’eux-aussi se posent la question et que, maintenant que j’en ai trouvé une, il serait intéressant que je la partage.

Il faut dire que j’ai fait du chemin depuis le temps où je me contentais de rester silencieuse. J’ai beaucoup réfléchi à mes propres incohérences, à mon mode de vie si dispendieux en carbone malgré des convictions écologiques bien affirmées. J’ai réussi à analyser d’où provenait ce décalage, et surtout, comment le résoudre.

Des 10 années passées à expérimenter des actions écologistes, j’ai fini par isoler l’ingrédient magique qui permet d’amorcer de vrais changements et de les tenir dans la durée. Je me suis même reconvertie en Coach CO2 afin de partager mes trouvailles.

J’ai aussi fait des formations en entreprise, de conduite du changement, d’efficacité relationnelle, de communication non violente. J’ai réussi à comprendre comment trouver les bons mots pour embarquer.

Silence complet ou attaque frontale : deux approches inefficaces

Pendant longtemps, je n’ai pas osé dire à mes amis que le climat était important, qu’il fallait changer de mode de vie, que je ne devais pas rester la seule à agir. Je sentais bien qu’ils étaient à mille lieues de ces considérations. Inconsciemment, je n’avais probablement pas envie de risquer de les perdre.

Au final, me côtoyer n’a pas augmenté d’un pouce leur conscience écologique, et ne les a fait bouger en aucune façon.

Pierre, lui, a montré bien du courage de tenir tête à ses amis au risque d’être regardé de travers. Malheureusement, le mode de communication qu’il a trouvé spontanément n’était pas efficace pour embarquer les autres dans une transformation profonde.

Avec ses interventions chocs, certains ont dû se sentir agressés, ou rejetés. Le réflexe en ce cas-là ? Se protéger, se fermer, et rejeter à son tour. Rejeter le porteur d’idée et les idées qui vont avec. D’autres ont dû se sentir culpabilisés. La réaction réflexe ? La justification. « J’ai bien mérité de prendre un peu de vacances au soleil vu comme je travaille dur toute l’année ! » ont dû réagir certaines personnes de l’entourage. Sauf qu’une fois que l’on s’est justifié, on s’enferme dans sa propre justification et on n’arrive plus à en sortir.

En fait, si l’on y regarde bien, sous le coup de leurs réactions réflexes, les amis de Pierre se sont peut-être même encore éloignés du moment où ils entameront leur transformation. Heureusement, on peut faire différemment.

Le pouvoir de la Communication Non Violente: « ni paillasson, ni hérisson ».

Depuis cette époque, je me suis notamment intéressée à la Communication Non Violente (CNV). Dans le livre « Sept graines de lumières dans le cœur des guerriers », qui se dédie à cette thématique via un roman initiatique très bien ficelé, on apprend l’art du « ni paillasson, ni hérisson ». Ou comment, sans prendre sur soi, ni agresser l’autre, trouver le juste milieu pour atteindre son objectif.

Pour utiliser la CNV, rien de plus simple. Il suffit de bannir le « tu » (« tu détruis la planète ! ») et ne plus communiquer qu’avec le « je ». Utiliser le « je » pour exprimer ses propres besoins à soi.

Ainsi, au beau milieu d’une conversation sur la prochaine destination de vacances, on pourrait dire à ses proches : « De mon côté, j’ai vraiment pris conscience dernièrement de l’ampleur du réchauffement climatique. Il faut dire que j’ai eu la chance de faire un atelier de la Fresque du Climat qui m’a vraiment ouvert les yeux. Alors maintenant, j’ai décidé de ne plus prendre l’avion pour mes vacances. Je vais plutôt expérimenter un voyage de 10 jours à vélo sur les côtes bretonnes ».

Le pouvoir communicatif de la joie

Evidemment, annoncer ses intentions va tout d’abord susciter de la curiosité, de l’intérêt, sans forcément engendrer un passage à l’action de la part de ses proches. C’est un premier pas.

Puis voilà que vous revenez de vos vacances à vélo. Si vous dites « voilà j’ai fait ma part pour climat, j’ai fait des vacances à vélo, je suis content de montrer l’exemple », soyons clair, personne ne va avoir envie de faire pareil !

Il manque encore un ingrédient pour les voir passer à l’action. Cet ingrédient secret dont je parlais tout à l’heure, c’est la joie. La joie profonde et intense (à ne pas confondre avec le plaisir).

Donc dites plutôt : « Tu sais je t’avais dit que je ne voulais plus prendre l’avion pour les histoires de climat, alors j’ai testé pour la première fois un road-trip à vélo en Bretagne, et c’était trop cool en fait ! Mon vélo a même crevé une fois, il pleuvait, on s’est retrouvé chez un fermier trop sympa et on a bu le meilleur cidre de toute notre vie ! Je n’aurais pas imaginé vivre un truc aussi intense à seulement 500 km de chez moi ! »

Vous pouvez être sûr que certaines personnes voudront faire de même aux vacances suivantes ! Ce qui est communicatif, ce qui se répand comme une traînée de poudre, c’est la joie.

Est-ce que ça va convaincre tout le monde ? Bien sûr que non. Ce cousin qui est à des années-lumière de la problématique, l’information va glisser dessus comme l’eau sur les plumes d’un canard. Mais celle qui était sur le point de basculer, celui qui commençait à prendre conscience mais n’avait pas encore eu l’étincelle pour passer véritablement à l’action : ceux-là vont avoir envie de suivre.

Voilà, avec ces quelques conseils, vous allez pouvoir répandre vos convictions écologistes sans perdre vos amis. Et maintenant, à vous de jouer !

2 réflexions sur “Comment amener ses proches à mettre leur empreinte carbone en cohérence avec les objectifs climat ?”

  1. Bonjour Floraine ! Merci pour ton article, je suis 100% d’accord :

    Plus j’essaie de faire des remarques constructives plutôt que de critiquer, plus j’ai l’impression que mes proches passent à l’action ! Mais j’ai une question :

    Est-ce que tu penses que c’est une bonne idée de proposer à ses proches de faire une action écolo ? Et laquelle ?

    Julia

    1. Merci Julia ! Plutôt que de conseiller quelque chose, je recommande plutôt de faire un cadeau, ou de faire avec : des éponges lavables pour un anniversaire ou Noël, ou réserver un atelier 2tonnes ou une fresque pour le climat à faire avec eux !

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